Dame Mauve, adolescente de quatorze ans, aux rêves de princesse, fut gâtée et choyée par sa grand-mère maternelle. Tous les mercredis soirs elles allaient, toutes les deux, au
cinéma, soit dans la salle de « Le Foyer » derrière l’église Saint-Joseph, soit « Au Modern » plus prêt de la rue de la victoire à Montigny les Metz.
Dame mauve pouvait y laisser vagabonder son imagination. Elle se subtilisait à l’héroïne de « Violettes Impériales » ou celle de « Le beau Danube bleu ». Elle se souvient tendrement de « L’auberge du Cheval Blanc » et de « La valse de l’Empereur », films qu’elle voyait en allemand car sa grand-mère ne parlait pas français, faisant partie de cette génération qui vit la Lorraine tout à tour française et occupée par les allemands. Elle s’endormait dans les bras de ses héros favoris dont le plus flagrant était Kurt Jurgens.
Elle était heureuse avec cette grand-mère surnommée « Mémé Montigny » parce qu’elle habitait dans cette ville. Cette douce mamy aux yeux bleus lui enseigna l’art de la broderie qu’elle maîtrisait parfaitement. Elle achetait des « patrons » à décalquer, et avec une patience incroyable mêlait les motifs pour en faire une oeuvre unique. Puis, chaque point régulier épousait parfaitement la forme du dessin.
Voici des vestiges de ses oeuvres (1950 et 1956)) que la Dame Mauve garde précieusement.
Maman avait été une élève appliquée. Il me reste un exemplaire de son œuvre.(image ci-dessous).
Plus tard, l’apprentissage porta ses fruits car la future épousée en 1965 était à la tête d’un trousseau à ses armes : des violettes dessinées par elle sur un papier calque et reproduites sur tout le linge de maison qui fut ensuite soigneusement rangé jusqu’au mariage. Vestige dans article précédent.